b i b l i o p m o

Sur les rayons des bibliothèques je vis un monde surgir de l’horizon (Jack London)

b i b l i o p m o header image 2

Petit guide poétique d’Oléron

14 octobre 2009 · Ajouter un commentaire

Petit guide touristique poétique d’Oléron

duprat

André Duprat, Deux îles en une, Ed. Océanes, 1998
Accidenté à l’age de 22 ans André Duprat est tétraplégique. L’espace intérieur : “cette goutte bleue de l’âbime qui enveloppe la mer” selon Joë Bousquet, se peuple de poésie.

Extraits :
L’emprunteur d’île short en action
ose un jeu de mots
à la portée de toutes les bourses
Loti coupon multiple de loto

le vacancier climatologue
rond de serviette solaire
porte un couteau à couper la parole
les dictons pleuvent

seulement
le dicton élargi
perd les clés qui l’enfermaient
dans un rôle significatif

(…/…)

Les cuisses de la Cotinière
ne désirent pas masquer
le cerne voluptueux du jusant

le port des crevettes
avoue un phare clitoridien

à l’ombre des palmes océaniques
de trois cèdres d’apparat
une sobre pierre levée
à la fois pleine et plate
ancre la connaissance des disparus

sur ce domaine marintime la
chaire et la criée
confrontent deux paroles de prix

chanson couv web

Anne Cillon Perri, Chanson pour Marennes et Oléron, Ed. Opoto, 2009
Anne Cillon Perri, poète camerounais, était en résidence en mars 2009 dans le cadre de Mots en fête, le festival d’animations littéraire du Pays Marennes Oléron.

Extraits :
Si un jour je reviens à Oléron
Ce ne sera pas en mars
J’attendrai la bonne saison
Les rues sont si tristes en mars
J’irai du côté de Chassiron
Cultiver dans la brume du poème
La terre arable de l’amitié
Et commanderai à l’océan
De demeurer à jamais attenante
Aux choses de l’enfance

(…/…)

C’est vrai Paul
La poésie n’est pas faite pour la canaille
Ni la pagaille néolibérale

Il s’agit d’apprendre par cœur
La leçon de l’espoir gravée
En marge d’un traumatisme
Qui impose la désespérance
Comme un modus vivendi

La nuit écrit en lettres majuscules
Le dernier couplet de la chanson pour Oléron
L’île me subjugue comme une femme aimée

pillet

Alain-Pierre Pillet, Ce sont des Îles ! : Ré, Oléron, Ed. Rafael de Surtis (Pour un ciel désert), 2000
Né en 1947 à Genève, Alain-Pierre Pillet et poète et dramaturge.

Extraits :
Enfin dans une île qui ne soit pas une banlieue de Paris, une île verte.
Une place Gambetta (centre) parking¬arbres, comme celle de la Brèche à Niort (mais hélas sans Maître Kanter) et non un port avec bateaux de plaisance (le mot !) lustrés comme chiens de compagnie.
Belle compagnie !
(…/…)
Quand Pierre Loti écrit le lieu, c’est Oleron.
Il a dégagé l’accent.
Si du même coup, il avait dégagé de la littérature française…
À Ré, si l’on demande des renseignements sur Oléron, on vous répond d’un air bétonné : « Il y a des feux rouges ! »
L’île d’Oléron mesure trente kilomètres sur six.
En superficie, elle vient juste après la Corse.
Le viaduc – comme les Stromboliens disent la montana – se fond dans le paysage et fait oublier son existence.
Celui de Ré, au contraire, par son élévation ridicule, s’abaisse à n’être qu’un faire¬valoir de son propre ciment.
En cela, il reflète le profil du public, déversé des égouts mentaux du VIIIe et du XVIe arrondissement.
De cet épandage, l’élément continental – comme hélas dans toute voracité coloniale de cette faim de siècle – tend à nous assurer par ses prestations constatées qu’il représente la plus grande partie du jus.

Catégorie(s) : ça vient de sortir

0 réponse pour le moment ↓

  • Il n'y a pas encore de commentaire mais le formulaire ci dessous vous tend les bras....

Laisser un commentaire